GARETH LONG

For Gareth Long’s interview by Alissa Firth-Eagland published in Canadian Art, Summer 2011
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What did you expect ?

Jérémy Shaw, Gareth Long, Eric Stephany, Christian Andersson, Mandla Reuter

19.11 – 07.​01.​2012
Vernissage Samedi 19 novembre
16h – 21h

Suite de l’exposition Triptychos Post Historicus (2011) présentée à la galerie cet automne, What did you expect ? développe la problématique de Braco Dimitrijevic sur la valeur de l’œuvre d’art et de la notion de métamodernisme. L’exposition réunit cinq artistes qui replacent le référent artistique de leur proposition dans le champ large de la culture collective. Chaque proposition se voit ainsi amplifiée par ses antécédents historiques et l’imaginaire auquel il se rattache, réactivé avec ironie, intérêt ou distance.

Né en 1977 à Vancouver, Jeremy Shaw vit et travaille à Berlin et au Canada. Membre du groupe New Wave Circlesquare, il se définit par ses activités de performeur et un intérêt de longue date pour le psychédélisme et les effets de la drogue sur la perception sensorielle.
Comme un point de folie à l’entrée de la galerie, Unseen Potentials (2011) se présente sous la forme d’un Polaroïd laissant apparaître, grâce à un support fluorescent placé derrière l’image, l’empreinte de la molécule toxique du champignon hallucinogène. Reprenant le procédé Kirlian des années 1950-1960 censé visualiser l’aura d’une personne, Jeremy Shaw ouvre la valve des sciences occultes et détonne par cette expectative énigmatique.

Conçus par Eric Stephany (1971),  les quatre photogrammes de la série One blotted another I, II, III, IV (2011) conjuguent l’héritage moderniste avec les spectres des premières expériences de William Henry Fox Talbot réalisées en 1834 dans son atelier faisant office de camera obscura. Eric Stephany a déniché sur le net une image de l’immeuble Starco, construit à Beyrouth en 1957 par les architectes suisses George Addor et Dominique Julliard. Plaçant sa reproduction calque sur un papier photosensible, il a ouvert par alternance les fenêtres du studio répétant ainsi le geste archaïque d’une modernité dépassée. L’empreinte argentique d’une image numérique fige ici la perspective moderne dans le spectre paradoxal de cette collision.

Christian Andersson jette, lui, un autre pont au modernisme. Habitué à réfléchir à la symbolique des lieux, ce plasticien suédois (1973) a choisi de confronter dans le même espace visuel  un emblème du design puriste et son déni le plus redoutable. Détraqué, le célèbre fauteuil de Mies Van Der Rohe souffre d’être placé devant un decorum kitsch en papier peint à moitié recouvert par un rideau rouge, reconstitution du décor du Pavillon de Barcelone. Exposé au Moderna Museet de Stockholm, Interieur Mies Van Der Rohe (2011) dialogue non sans humour avec l’œuvre de Gareth Long, artiste new-yorkais très attentif aux codes des tendances esthétiques et récemment exposé à la galerie dans l’exposition  Four Stories. Vraie copie de la lampe Potence de Jean Prouvé, mais fausse originale, cette suspension au mur pousse la complexité du vrai et du faux en un point abyssal.

Né en 1973, Mandla Reuter est un artiste conceptuel d’origine sud-africaine qui joue volontiers avec le lieu qui l’accueille. Sa plaque d’aluminium maculée de peinture blanche interdit toute forme d’introspection. Transformé en objet peinture, ce faux monochrome cache honteusement ses aspirations narcissiques. Ainsi Reuter annule-t-il l’un dans l’autre deux modèles antithétiques que l’histoire n’a jamais pu réconcilier.

Pauline Mari